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Droits & devoirs

Convention Collective 3196 (IDCC 1351) : Guide 2026 + FAQ

Guide 2026 de la convention collective sécurité privée (IDCC 1351) : salaires minima, primes, temps de travail, formation MAC, jurisprudence
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Convention collective 3196 (IDCC 1351) — sécurité privée : si vous travaillez (ou recrutez) dans la branche entreprises de prévention et de sécurité (agent APS, SSIAP, mobile, sûreté, encadrement), ce texte est le référentiel conventionnel pour les salaires minima, la classification, les primes, l’organisation en vacations, les plannings et la formation. Mise à jour Janvier 2026 : ce guide consolide les points qui comptent en pratique (application des minima 2024–2026, preuves attendues, contrôles paie/planning, financement MAC) et une sélection de jurisprudence utile pour comprendre les zones de litige récurrentes (pause réelle, temps de travail effectif, traçabilité des plannings).

Version : Janvier 2026 — CCN Entreprises de prévention et de sécurité (IDCC 1351, dite “brochure 3196”). Méthode : liens sortants limités aux autorités (Code du travail numérique / Légifrance / JORF / Cour de cassation). Réflexe : partir du texte officiel (consolidé) et vérifier l’extension (JORF) lorsque l’accord/avenant est étendu.

Contenu informatif. En cas de situation sensible (classification, rappels de salaire, pause, temps de travail effectif, rupture), faites valider vos éléments par un professionnel du droit.


1) CCN 3196 : définition, champ, “IDCC 1351” et points de lecture

La “Convention collective 3196” est l’appellation courante de la Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité (IDCC 1351). Elle complète le Code du travail et fixe des règles de branche : classification (coefficients), minima conventionnels, organisation du travail (vacations, cycles), primes, dispositifs de formation, etc. La “brochure 3196” correspond à un repère de diffusion ; le repère juridique robuste est l’IDCC et les textes accessibles via les autorités.

Lecture “cabinet” : les litiges en sécurité privée ne viennent pas d’une phrase de convention lue “de travers”, mais d’un triptyque contrat / planning / bulletin qui n’est pas cohérent. Pour être solide, une règle doit être écrite, appliquée et prouvable (traçabilité).

  • Classification : vos missions réelles doivent correspondre au coefficient retenu.
  • Minima : une grille “trouvée sur Internet” est inutile si elle n’est pas issue du texte officiel.
  • Primes : la question n’est pas “est-ce que ça se paie ?” mais “est-ce que c’est traçable ?”.
  • Pause : “pause sur le papier” vs “pause réelle” = zone de requalification fréquente.
  • Plannings : les conflits se gagnent/perdent sur la preuve (date/heure/canal).

Texte de référence (autorité) : Code du travail numérique — CCN IDCC 1351


2) Registre des textes officiels (sources auditables)

Cette section liste les sources primaires utilisées. Objectif : permettre une vérification “zéro débat” via les autorités. Quand un accord/avenant est étendu, son application devient obligatoire pour l’ensemble des entreprises relevant du champ de la CCN.

Texte (intitulé) Nature Date Objet Statut Autorité
CCN Entreprises de prévention et de sécurité (IDCC 1351) Convention collective Consolidée Champ, classification, dispositions Référence branche code.travail.gouv.fr
Accord salaires minima 2024–2026 (annexes 2024/2025/2026) Accord de branche 25/09/2023 Minima conventionnels 2024–2026 État : accord publié Légifrance (KALITEXT)
Arrêté d’extension de l’accord salaires JORF (extension) 20/12/2023 Rend l’accord obligatoire dans le champ Étendu JORF (Légifrance)
Accord MAC (financement) + avenant n°3 Avenant 28/11/2022 Financement du MAC (maintien/actualisation) État : publié Légifrance (KALITEXT)
Arrêté d’extension (avenant MAC n°3) JORF (extension) 22/05/2023 Rend l’avenant applicable dans le champ Étendu JORF (Légifrance)
Article lié à l’avenant MAC n°3 Article conventionnel Consolidé Détails opérationnels Référence Légifrance (KALIARTI)
Accord “aménagement du temps de travail” (branche) Accord Selon texte Organisation, cycles, dispositions Référence Légifrance (KALITEXT)
Article relatif à la pause (branche) Article conventionnel Consolidé Pause / dispositions Référence Légifrance (KALIARTI)

Risque juridique fréquent : utiliser des tableaux “copies” ou des résumés non officiels. Correctif : archiver une URL autorité (Légifrance/JORF) dans votre dossier RH et vous y référer comme source unique.


3) Timeline 2023 → 2026 : accord salaires, extension, application (vision opérationnelle)

La branche utilise des accords (souvent pluriannuels) pour fixer les minima. Le point clé est l’extension : lorsqu’un texte est étendu, il devient opposable à toutes les entreprises relevant du champ, même non signataires. La timeline ci-dessous sert de repère pour aligner grille, paie et procédures de contrôle.

Étape Date Ce que dit le texte Implication “terrain” Source
Signature accord salaires 25/09/2023 Minima prévus pour 2024 / 2025 / 2026 (annexes) Préparer la mise à jour annuelle + contrôles coefficients Légifrance
Extension (obligatoire) 20/12/2023 Rend l’accord applicable dans la branche (champ CCN) Référence unique : JORF + texte Légifrance JORF
Minima 2024 Annexe 2024 Première marche de revalorisation Comparer paie réelle vs minima + régulariser si besoin Annexes
Minima 2025 Annexe 2025 Deuxième marche Mettre à jour la grille et archiver la preuve de diffusion Annexes
Minima 2026 Annexe 2026 Troisième marche (base Janvier 2026) Contrôle annuel : coefficient → minima → bulletin → primes Annexe 2026

Risques juridiques fréquents : appliquer une grille non à jour (ou non issue d’une autorité), classer un salarié au mauvais coefficient, ou omettre de prouver la mise à jour annuelle (diffusion interne). Conséquence : rappel de salaire + régularisations sociales.


4) Salaires minima 2026 (IDCC 1351) : grilles officielles et méthode de lecture

Les tableaux ci-dessous reprennent une lecture opérationnelle de la grille 2026 issue des annexes de l’accord salaires 2024–2026. La règle premium : ne jamais considérer un tableau comme “preuve” sans garder le lien Légifrance correspondant (et l’arrêté d’extension lorsqu’il existe). Ici, les montants sont présentés pour faciliter la compréhension, mais la source “audit” est l’URL autorité.

Méthode “zéro litige” : (1) confirmer le coefficient à partir des missions réelles, (2) vérifier le minimum conventionnel sur l’annexe officielle, (3) comparer au salaire de base du bulletin, (4) contrôler les primes et la traçabilité (planning/pointage).

Accord + annexes : Légifrance (texte + annexes 2024–2026)

A) Exploitation (agents) — minima 2026

Coefficient Salaire minimum 2026 Contrôle “cabinet”
1201 866,09 €Coefficient = missions réelles + mention contrat/bulletin
1251 869,85 €Vérifier évolution de poste et responsabilités
1301 877,38 €Contrôle planning / panier / nuit selon affectation
1401 892,44 €Surveillance renforcée : tracer consignes et pause réelle
1501 907,49 €Comparer au salaire de base (hors primes)
1601 922,56 €Vérifier majorations et régularité des bulletins
1751 945,16 €En cas de missions sensibles : cohérence coefficient
1901 967,77 €Vérifier amplitude, repos, cycles et preuve plannings
2001 982,82 €Si fonctions de coordination : vérifier classification
2502 058,09 €Encadrement intermédiaire : attention à la requalification
3002 141,08 €Responsabilités élevées : fiche de poste + preuve

B) Agents de maîtrise — minima 2026

Niveau Échelon Coefficient Salaire minimum 2026 Contrôle “cabinet”
N1E12152 005,44 €Vérifier encadrement effectif + délégations
N1E22352 035,57 €Contrôle prime dimanche/férié selon sites
N2E12652 080,67 €Fiche de poste + responsabilités + reporting
N2E22852 110,78 €Traçabilité plannings + validation heures
N2E33002 133,36 €Risque : décalage missions/coefficient

C) Cadres — minima 2026

Niveau Échelon Coefficient Salaire minimum 2026 Contrôle “cabinet”
N1E13402 193,74 €Vérifier autonomie, délégation, périmètre
N1E23602 223,85 €Contrôle cohérence objectifs / moyens
N1E34002 284,08 €Vérifier temps de travail et astreintes
N2E14502 359,35 €Procédures RH : plannings, preuves, audits
N2E25002 434,61 €Risque : forfaits non sécurisés
N2E35502 509,89 €Vérifier gouvernance + documents
N3E16502 660,40 €Encadrement multi-sites : preuves et procédures
N3E27002 735,66 €Contrôle heures / repos / astreintes
N3E37502 810,92 €Risque : surcharge sans traçabilité
N4E18502 961,45 €Pilotage : conformité, prévention, formation
N4E29003 036,71 €Audit interne : bulletins/plannings/contrats
N4E39503 111,97 €Risque : preuve insuffisante en contentieux

Risque fréquent (n°1) : la mauvaise classification (coefficient inadapté). Symptôme : le poste “réel” (chef de poste, coordinateur, missions sensibles) dépasse le contrat. Conséquence : rappel de salaire + effets “domino” (primes, congés, charges). Correctif : fiche de poste + missions réelles + cohérence contrat/planning/paie.


5) Primes et indemnités : ce qui “fait litige” + preuves attendues

En sécurité privée, la conformité ne se joue pas seulement sur le salaire mensuel : elle se joue sur les majorations et indemnités (nuit, dimanche, fériés, panier, transport, etc.) et surtout sur la traçabilité : une prime sans base documentée est un point faible en contrôle ou contentieux. L’objectif ici : vous donner un cadre opérationnel de preuve, et les bons réflexes.

Élément Point de vigilance “cabinet” Preuves attendues Erreur typique Source (autorité)
Panier Conditions d’ouverture + cohérence avec vacations Planning horodaté + pointage + ligne paie distincte Forfait “au feeling” sans règle interne Légifrance (accord salaires)
Nuit Définition horaire + majoration/contreparties Planning + pointage + mention paie Heures de nuit non identifiées sur le bulletin Légifrance (conteneur CCN)
Dimanche Majorations + repos compensateur si applicable Planning + compteur + paie Dimanche traité comme jour normal sans justification Légifrance
Jours fériés Traitement spécifique : majoration / repos Planning + justificatifs + bulletin Confusion férié travaillé/non travaillé Légifrance
Transport Règle légale + règles internes (remboursement) Justificatifs + ligne paie Remboursement sans trace ou incomplet Code du travail numérique
Heures supplémentaires Décompte (cycle/hebdo) + majorations Feuilles d’heures + validation + bulletin Absence de support de décompte Légifrance

Bon réflexe : formaliser une note interne (règles primes/paniers, validation heures, canaux planning). En contentieux, une règle stable + appliquée + archivée vaut plus qu’une explication orale.

Risques fréquents : (1) primes versées “au forfait” sans base, (2) majorations non appliquées par mauvaise qualification (nuit/dimanche/férié), (3) bulletins incohérents avec planning/pointage. Conséquence : rappels + preuve défavorable. Correctif : lignes de paie distinctes + archive planning horodaté + procédure validation.


6) Temps de travail et vacations : pause, planning, modifications, preuves

La sécurité privée est structurée autour des vacations (jour/nuit, sites, événementiel) avec des plannings variables. Les litiges récurrents portent sur : pause (prise réelle ou non), temps de travail effectif (disponibilité permanente), et modifications tardives des plannings sans preuve. Une stratégie premium consiste à traiter ces sujets comme des processus : procédure simple, canal unique, preuve automatique.

Procédure recommandée : (1) canal unique planning (outil RH / espace salarié / email), (2) planning horodaté et archivé, (3) modifications exceptionnelles tracées (motif + date/heure + accusé), (4) règles pause écrites + organisation de relève.

A) Pause : “sur le papier” vs “réelle”

La question centrale n’est pas le mot “pause”, mais la réalité : le salarié est-il libre (peut-il quitter son poste, se restaurer, ne pas répondre à une sollicitation) ou reste-t-il à la disposition de l’employeur ? C’est ce point qui alimente les requalifications et rappels.

Article branche (pause) : Légifrance (KALIARTI)

B) Plannings : preuve, loyauté, sécurité juridique

En pratique, les conflits se cristallisent sur quand le planning a été communiqué, comment il a été modifié, et si le salarié a pu s’organiser. Sans preuve horodatée, la discussion devient fragile.

Accord branche (aménagement du temps de travail) : Légifrance (KALITEXT)

Risque fréquent : plannings modifiés à la dernière minute sans preuve (ou via messages épars). Symptôme : contestation sur l’horaire, sur les heures, sur la majoration. Conséquence : preuve défavorable + rappels. Correctif : canal unique + export/archivage + procédure “modif exceptionnelle”.


7) Formation, maintien des compétences (MAC) et financement : obligations et traçabilité

En sécurité privée, la formation est un pilier de conformité et d’employabilité. Le MAC (maintien et actualisation des compétences) s’appuie sur des textes de branche (accords/avenants) dont certains sont étendus. Une approche premium consiste à traiter la formation comme un dossier “audit-ready” : convocations, attestations, dates, financement, pièces conservées.

Textes officiels MAC (autorités) :

Dossier MAC “audit-ready” (recommandation)

Élément Pourquoi c’est crucial Format de preuve Durée de conservation (pratique)
Convocation / planification Montre l’organisation et la conformité Email / outil RH horodaté Plusieurs années (politique interne)
Attestation / certificat Pièce centrale : formation réalisée PDF signé / tamponné Plusieurs années (politique interne)
Financement / prise en charge Évite les contestations sur coûts/temps Accords, confirmations, justificatifs Selon politique interne
Liste des salariés + dates Suivi et anticipation, évite rupture de conformité Tableau interne (export) Continu

Risques fréquents : absence de traçabilité (impossible de prouver), confusion entre formation interne et dispositifs reconnus, hypothèses erronées sur le financement. Correctif : se caler sur le texte étendu (JORF/Légifrance) et archiver systématiquement les pièces.


8) Checklists conformité (employeur / salarié) + plan correctif

Cette partie transforme l’article en outil. Elle sert à vérifier rapidement si une situation est “propre” et à corriger sans attendre. Les checklists sont volontairement orientées preuves, car c’est ce qui sécurise en audit et en contentieux.

A) Checklist Employeur (paie & organisation)

Contrôle Preuve attendue Risque Correctif (48h / 30 jours)
Grille minima 2026 appliquée URL Légifrance + arrêté d’extension archivé + bulletin Rappel de salaire 48h : vérifier 5 bulletins ; 30j : audit complet coefficients
Coefficient conforme aux missions Fiche de poste + contrat + affectations Requalification + rappels 48h : comparer 10 postes sensibles ; 30j : mise à jour contrats
Primes traçables (nuit/dimanche/férié/panier) Planning/pointage + lignes paie distinctes Rappels + preuve défavorable 48h : standardiser libellés paie ; 30j : procédure validation heures
Pause réelle sécurisée Consignes écrites + organisation relève Requalification en temps de travail 48h : écrire consigne ; 30j : mettre en place relèves + contrôle
Plannings horodatés et archivés Outil unique / export mensuel Contentieux “preuve” 48h : canal unique ; 30j : routine d’archivage automatisée
MAC : dossier complet Convocations + attestations + suivi dates Non-conformité 48h : recenser ; 30j : calendrier annuel + archivage

B) Checklist Salarié (auto-contrôle)

Point à vérifier Où regarder Signal d’alerte Action pratique
Coefficient / classification Contrat + fiche de poste + missions réelles Missions supérieures sans reclassification Demander une fiche de poste écrite + clarification coefficient
Minima 2026 Bulletin (salaire de base) + texte officiel Salaire de base sous le minimum Comparer au tableau officiel (Légifrance) puis demander régularisation
Nuit / dimanche / férié Planning + bulletin Heures non majorées Conserver planning horodaté + demander explication écrite
Pause réelle Consignes + réalité terrain Pause impossible / interruptions constantes Noter faits datés + demander organisation de relève
Plannings et modifications Canal de diffusion Changements tardifs non tracés Exiger canal unique (écrit) + conserver captures/export
MAC / formation Attestations + dates Absence de pièces ou échéances floues Demander copie des attestations + calendrier

Plan correctif recommandé : privilégier une demande écrite factuelle, centrée sur la preuve. Exemple : “Pouvez-vous me confirmer par écrit mon coefficient, la grille minima 2026 appliquée, et la règle de majoration nuit/dimanche/férié ?” Cette approche réduit les tensions et accélère la résolution.


9) Jurisprudence utile : sélection commentée + lecture “cabinet”

La jurisprudence ne remplace pas la CCN : elle éclaire les points de friction et surtout le standard de preuve attendu. En sécurité privée, les thèmes récurrents sont : pause réelle, temps de travail effectif, plannings et modifications, et cohérence des éléments (consignes, main courante, pointage, bulletins). Ci-dessous une sélection limitée, destinée à illustrer le raisonnement et les réflexes de conformité.

Thème Principe (lecture pratique) Implication en sécurité privée Autorité Bon réflexe
Pause / disponibilité La qualification dépend de la réalité : liberté vs disponibilité imposée Si la pause est interrompue ou non libre, risque de requalification Cour de cassation Relèves + consignes écrites + preuve de pause réelle
Temps de travail / repos Analyse des conditions concrètes (disponibilité, directives, contraintes) Surveillance continue et consignes strictes = risque de TTE Légifrance (JURITEXT) Documenter l’organisation et les interruptions
Plannings / loyauté La sécurité juridique repose sur information loyale et preuve Modifications tardives non tracées = fragilité en contentieux Cour de cassation Canal unique + horodatage + accusé de réception

Lecture “cabinet” : la jurisprudence sert surtout à sécuriser une procédure. Objectif : produire une preuve simple et robuste (planning horodaté, consigne écrite, organisation de relève, bulletins lisibles), plutôt que de discuter “au cas par cas” sans support.


10) Risques juridiques fréquents (terrain) — encadrés premium

Risque 1 — Mauvaise classification (coefficient) : première cause de rappel de salaire. Symptômes : missions d’encadrement, responsabilités site, consignes élargies, mais coefficient “agent” inchangé. Conséquences : rappel de salaire, rappel de primes corrélées, régularisations. Preuves qui sauvent : fiche de poste signée, organigramme, consignes, mails de délégation. Plan correctif : (48h) audit des postes sensibles ; (30j) mise à jour classification/contrats.

Risque 2 — Grille minima non mise à jour (2025 → 2026) : Symptômes : salaire de base identique alors que l’annexe a changé ; absence d’archive de la source. Conséquences : rappel + charges. Preuves : lien Légifrance + arrêté d’extension + bulletin. Plan correctif : référentiel unique (URL autorité) + contrôle annuel automatisé.

Risque 3 — Pause “sur le papier”, pas en réalité : Symptômes : impossibilité de quitter le poste, interruptions permanentes, obligation de répondre immédiatement. Conséquences : requalification en temps de travail effectif, rappels. Preuves : main courante, consignes, organisation de relève. Plan correctif : relèves planifiées + consigne écrite “pause réelle” + contrôle terrain.

Risque 4 — Plannings modifiés sans preuve : Symptômes : modifications par appels, messages multiples, absence d’horodatage central. Conséquences : preuve défavorable, contestations, rappels. Preuves : canal unique (outil/email) + export. Plan correctif : procédure “modif exceptionnelle” (motif + canal + accusé).

Risque 5 — Bulletins illisibles : Symptômes : primes noyées, libellés non distincts, absence de correspondance avec planning. Conséquences : difficulté à prouver, risques de rappels. Plan correctif : standardiser les libellés, séparer les lignes, conserver planning/pointage en archive.


Glossaire réglementaire étendu (sécurité privée)

Cette section regroupe les notions les plus utilisées dans la CCN 3196 (IDCC 1351), les textes associés (arrêtés d’extension, accords), et les concepts juridiques qui reviennent le plus en pratique (paie, planning, preuve, contentieux). Objectif : vous permettre de lire un texte conventionnel comme un document opérationnel — pas comme une brochure.

Méthode “cabinet” : lorsqu’un terme déclenche une incertitude (pause, équivalence, prévenance, temps effectif), cherchez immédiatement (1) la définition, (2) la preuve attendue (documents), (3) le risque en cas d’écart.

  • CCN / Convention collective nationale : accord collectif applicable à une branche. Pour la sécurité privée : IDCC 1351 (souvent appelée “brochure 3196”).
  • IDCC : identifiant officiel d’une convention collective. Ici IDCC 1351.
  • Brochure 3196 : appellation “catalogue” utilisée par certains éditeurs pour désigner l’IDCC 1351. En pratique, la source fiable reste le texte Légifrance.
  • Champ d’application : périmètre des entreprises/salariés couverts par la CCN. Point crucial en cas de multi-activités (sécurité + accueil + nettoyage, etc.).
  • Accord de branche : texte négocié au niveau de la branche, venant préciser/compléter la CCN (ex. accord salaires, temps de travail, formation/MAC).
  • Arrêté d’extension : acte publié au JORF rendant un accord obligatoire pour toutes les entreprises du champ, y compris non signataires.
  • Consolidation : version d’un texte intégrant les modifications successives. Toujours vérifier la date de consolidation sur Légifrance.
  • Classification : système qui rattache un salarié à une catégorie/niveau/coefficient (agent, maîtrise, cadre). C’est le socle des minima.
  • Coefficient : indice conventionnel correspondant au niveau de classification. Il détermine le minimum conventionnel applicable.
  • Emploi repère / intitulé conventionnel : description-type de poste dans la CCN. Utile pour sécuriser le classement au bon coefficient.
  • Missions réelles : tâches effectivement réalisées. En contentieux, c’est souvent la réalité du terrain qui prime sur le titre de poste.
  • Minima conventionnels : salaires planchers par coefficient/catégorie. Ils se distinguent du SMIC et des usages internes.
  • Rappel de salaire : somme due au salarié lorsque le minimum n’a pas été respecté (souvent + régularisations sociales + intérêts).
  • Bulletin de paie : document de preuve central. Une ligne mal libellée, un forfait non justifié ou une incohérence avec le planning fragilise la défense employeur.
  • Assiette : base de calcul d’une prime/majoration (ex. taux horaire, salaire de base, etc.). Toujours vérifier la règle écrite.
  • Prime : complément de rémunération lié à une condition (nuit, dimanche, férié, panier, risque…). Doit être traçable (conditions + calcul).
  • Indemnité : compensation d’un frais/contrainte (transport, panier…). Souvent conditionnée (distance, amplitude, horaires).
  • Repos compensateur (RC) : récupération accordée en compensation d’heures/contraintes selon le cadre applicable (code/accords).
  • Temps de travail effectif : temps où le salarié est à disposition de l’employeur et suit ses directives. Notion clé pour pauses et astreintes.
  • Pause : interruption de travail. Elle peut être requalifiée en temps de travail si le salarié reste contraint (consignes, impossibilité de quitter, disponibilité permanente).
  • Prévenance : délai d’information préalable (ex. modification planning). La preuve de la prévenance (horodatage) est déterminante.
  • Planning / affichage / diffusion : organisation et communication des horaires. En pratique, la question n’est pas “fait” mais “prouvé”.
  • Vacation : période de travail programmée (jour/nuit). Terme opérationnel courant en sécurité privée.
  • Cycle de travail : organisation sur une période de référence (semaines) pouvant impacter le décompte des heures supplémentaires.
  • Travail de nuit : travail sur une plage horaire définie par les textes. En sécurité privée, le risque porte sur la qualification exacte + contreparties + suivi.
  • Dimanche / jours fériés : régimes particuliers (majorations, repos compensateurs). Les règles doivent être appliquées et lisibles sur la paie.
  • MAC : maintien et actualisation des compétences. Dispositif structurant pour la branche (conformité + employabilité).
  • Carte professionnelle : autorisation d’exercer (CNAPS) pour certains métiers de la sécurité privée. Sans carte, certains postes ne sont pas légalement exercables.
  • VAE : validation des acquis de l’expérience. Permet d’obtenir une certification par reconnaissance de l’expérience.
  • CPF : compte personnel de formation. Droits individuels mobilisables pour se former.
  • Contentieux prud’homal : litige employeur/salarié devant le conseil de prud’hommes. Les dossiers se gagnent souvent sur la cohérence “contrat + planning + pointage + paie”.
  • Charge de la preuve : répartition de l’obligation de prouver. En pratique, l’employeur doit pouvoir produire des éléments objectifs (plannings, pointages, procédures).
  • Traçabilité : capacité à reconstituer qui a fait quoi, quand, sur quelle base. C’est l’assurance-vie de la conformité.

Risques juridiques fréquents : confondre “terme métier” et “terme juridique” (pause, astreinte, temps effectif), s’appuyer sur une définition trouvée hors source officielle, ou appliquer une règle interne non écrite/non prouvable.


Checklist conformité “cabinet” (20 minutes) : ce que vous devez pouvoir prouver

Cette checklist synthétise les éléments qui reviennent le plus en contrôle, audit client, inspection, ou contentieux. Vous pouvez l’utiliser comme routine mensuelle : si vous ne pouvez pas prouver un point, considérez-le comme un risque actif.

Bloc Question Preuve attendue Risque si écart
Salaires Les minima 2026 sont-ils appliqués au bon coefficient ? Grille Légifrance + classement + bulletins Rappel de salaire + charges + intérêts
Classification Le coefficient reflète-t-il les missions réelles ? Fiche de poste + consignes + preuves missions Requalification + rappels + litiges
Planning Le planning est-il communiqué avec preuve (horodatage) ? Outil RH / mails / affichage daté Contestations sur prévenance, heures, repos
Pauses La pause est-elle réellement “libre” et prise ? Organisation relèves + consignes + retours Requalification en temps de travail effectif
Nuit / dimanches / fériés Les majorations/contreparties sont-elles exactes et lisibles ? Planning + pointage + paie (lignes distinctes) Rappels + pénalités + risque réputation
Heures Le pointage est-il cohérent avec la paie ? Pointages + feuilles d’heures + contrôles Heures non payées / contentieux récurrent
Formation / MAC Les formations obligatoires/MAC sont-elles à jour ? Convocations + attestations + dates Non-conformité, impossibilité mission, litiges

Conseil “cabinet” : standardisez un seul circuit “contrat → planning → pointage → paie”, avec des preuves exportables. Le gain n’est pas seulement juridique : c’est aussi un gain RH (confiance, stabilité, moins de friction).


FAQ — Convention collective 3196 (IDCC 1351) : réponses opérationnelles

La FAQ ci-dessous répond aux questions les plus fréquentes côté terrain : où vérifier un texte, comment éviter une erreur de coefficient, comment sécuriser une modification de planning, comment prouver une pause réelle, et comment éviter les contentieux “classiques”.

Où vérifier la convention collective 3196 (IDCC 1351) et éviter les versions non à jour ?

Réflexe : partez de la fiche officielle du Ministère du Travail (Code du travail numérique), puis basculez sur le conteneur Légifrance pour lire le texte consolidé et ses accords.

Évitez les PDF “repostés” hors autorités : l’erreur classique est la grille salariale non mise à jour (2025/2026) ou non étendue.

Où vérifier la grille officielle 2026 des minima (accord triennal) ?

La grille 2026 figure dans l’annexe 3 de l’accord salaires triennal signé le 25/09/2023 et étendu. Lien direct vers l’accord + annexes : Légifrance — Accord salaires 2024-2026.

Pour l’extension (obligation branche) : JORF — arrêté d’extension.

Quels sont les 3 risques n°1 côté salarié (pour éviter les erreurs de dossier) ?
  1. Être classé au mauvais coefficient (poste réel > poste contractuel) : conservez des preuves de missions (consignes, mails, comptes-rendus).
  2. Heures/pauses non cohérentes : gardez vos plannings, pointages, et échanges de modifications.
  3. Majoration nuit/dimanche/férié mal appliquée : comparez planning et bulletins (lignes distinctes).
Quels sont les 3 risques n°1 côté employeur (pour réduire les litiges) ?
  1. Absence de preuve (planning communiqué, modif exceptionnelle, pause réelle).
  2. Minima conventionnels non mis à jour (grille 2025 appliquée en 2026).
  3. Forfaits/primes “non traçables” (pas de conditions écrites, pas d’assiette claire).

Le “bon niveau” n’est pas de connaître le texte par cœur : c’est d’avoir des procédures simples et prouvables.

La pause peut-elle être requalifiée en temps de travail effectif ?

Oui, lorsque la pause est “sur le papier” mais que le salarié reste en réalité contraint (disponibilité permanente, consignes strictes, impossibilité de quitter le poste, impossibilité de se restaurer librement). La qualification dépend des faits et des preuves.

Point pratique : sécurisez l’organisation (relèves) + consignes écrites + preuve de prise effective.

Comment sécuriser une modification de planning (prévenance et preuve) ?

Utilisez un canal unique horodaté (outil RH, email, portail) et conservez l’historique : date/heure, version avant/après, motif, personnes informées. En cas d’exception (urgence), formalisez une procédure “modif exceptionnelle”.

En contentieux, l’enjeu n’est pas “j’ai prévenu” mais “je peux le prouver”.

La formation (MAC) : où sont les textes officiels utiles à lire en 2026 ?

Référez-vous à l’accord de branche relatif au financement MAC et à ses avenants étendus. Point de départ : l’avenant n°3 du 28/11/2022 + l’arrêté d’extension.

Je suis candidat : comment utiliser la CCN 3196 pour négocier proprement ?
  1. Identifiez votre coefficient probable à partir des missions.
  2. Vérifiez le minimum 2026 correspondant (annexe 3).
  3. Clarifiez les contraintes (nuit/dimanche/fériés, panier, transport) et demandez comment elles apparaîtront sur la paie.
  4. Demandez le cadre de planning (prévenance, canal de diffusion, changements).
Je suis employeur : quel “pack preuve” minimal conserver 24 mois ?
  • Classification : fiches de poste, avenants, organigrammes, consignes.
  • Planning : versions datées, historique des modifications, canal unique.
  • Pointage : exports, feuilles d’heures, anomalies corrigées.
  • Paie : bulletins + paramétrage primes/majorations + justificatifs.
  • Formation : convocations, attestations, dates MAC, dossiers financement.

Sources officielles (à conserver en favoris)

Liens sortants uniquement vers des autorités. Ces sources permettent de vérifier la version à jour en 2026 et de remonter au texte exact.

Note “mise à jour” : dès qu’un nouvel accord est signé, vérifiez s’il est étendu (JORF). En pratique, l’extension est ce qui transforme un texte de branche en obligation généralisée.



Réglementation : droits, devoirs et obligations en sécurité privée

Cadre légal, obligations, responsabilités, contrôles, et bonnes pratiques (CNAPS, CSI, convention, RGPD…).

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